« Être et devenir » Projet photo
« Un métier porteur de sens »
Ce qui donne à Annabelle Folliet l’envie d’être photographe c’est d’abord l’héritage d’un père qui travaille dans l’audiovisuel. Dyslexique, elle explore très tôt cet art de l’image, « un langage créatif évident ». Persévérante, elle s’engage dans cette voie avec brio : école des Beaux-Arts de Grenoble, Licence de photographie à Paris, où elle réussit aussi le concours des Arts décoratifs. La photographe plasticienne ne choisit pas la facilité et enseigne son art dans les écoles et les lycées (elle nous confie que la photographie de mode est plus lucrative).
Une apparente simplicité
Annabelle Folliet a un univers artistique bien à elle : elle fait naviguer le spectateur entre « réalité et fiction ». La scène cadrée de manière cinématographique représente des espaces urbains sans aucun personnage. C’est l’association du texte à l’image qui atteste d’une lointaine présence humaine : des histoires entendues, des articles de journaux, l’actualité… permettent de retracer la vie des gens, de voir autrement l’image, lui donner un sens différent, révéler au spectateur un lieu nouveau et intime.
Annabelle utilise un appareil suédois Hasselblad de 1940, un moyen format carré 6x6 dont l’optique est fixe (il n’y a pas de zoom). Sa mise en scène, inspirée des photographes nordiques (on pense aux paysages urbains ou naturels de l’Islandaise Hallgerður Hallgrímsdóttir et aux scénographies aux couleurs pop de la Danoise Fryd Frydendahl), consiste donc à se mettre à la bonne distance et à attendre le bon moment pour gommer les éléments perturbateurs (« les voitures ! »), extraire l’inutile pour laisserla place au cadrage et la ligne.
« Ouvrir le champ des possibles »
Mais ce serait trop simple. Si l’image ne raconte pas la même chose que le texte c’est pour permettre au spectateur de se l’approprier : le décalage entre les supports fait germer la petite graine de l’imagination. La sensibilité de chacun se noie dans une discrète histoire commune qui flirte avec les codes de l’actualité (questions environnementales et égalité entre les sexes notamment).
Annabelle Folliet transmet son savoir par la découverte de techniques anciennes (chronophotographie, cyanotype et anthotype). Elle est encore très attachée au plaisir que procure la matière (argentique vs numérique). Voilà pourquoi elle expose une à deux fois par an son travail dans des galeries et des centres d’art, mais on peut tout de même la retrouver sur Instagram.
Le lycée Amédée Gordini et ses formations aux métiers de la mécanique automobile et industrielle a fait appel à ses services pour former la classe de 2MP3D à ce 3ème art dans le but d’exposer de façon pérenne les créations des élèves. Nul doute que ces photographies trouveront leur place au lycée Gordini ; vous y retrouverez l’identité des élèves et la valorisation de leurs (futurs) métiers. Ouvrez l’œil !